Le Benchmark du Tourisme Vert au Maroc* :)

Le tourisme vert se réfère à une forme de tourisme durable, respectueuse de l’environnement, valorisant les ressources naturelles, les écosystèmes, la biodiversité, tout en profitant aux populations locales, à leur culture, et en minimisant l’impact écologique.


Situation actuelle au Maroc

Quelques faits récents qui touchent au tourisme vert / durable au Maroc :

  • Le Maroc vise 26 millions de touristes d’ici 2030, dans une stratégie qui inclut une dimension de durabilité / expérience responsable.
  • Le parc national d’Ifrane est en cours de transformation : la région veut devenir la première destination écotouristique du Royaume d’ici 2028, avec un plan de 734 millions de dirhams pour développer des TPME dans cette offre verte.
  • Le gouvernement (SMIT, ANEF, etc.) organise des conférences internationales sur le tourisme durable, ce qui montre une volonté politique de promouvoir ce segment.
  • Aussi, on note une demande croissante de la part des visiteurs pour « authenticité et durabilité ».

Forces

  • Richesse naturelle : diversité des paysages (montagnes de l’Atlas, désert, forêts, côtes) propice à des expériences vertes.
  • Patrimoine écologique / biodiversité : forêts, parcs nationaux, réserves naturelles qui peuvent être développés pour l’écotourisme.
  • Volonté politique : plans officiels, investissements dans l’infrastructure touristique liée à la nature, soutien aux PME dans ce domaine.
  • Attractivité internationale renforcée : le Maroc performe bien en termes d’arrivées, et cette croissance peut être canalysée vers des offres vertes.

Faiblesses

  • Dépense moyenne par touriste relativement basse dans certains cas, ce qui peut limiter les marges pour des services plus qualitatifs ou durables.
  • Dépendance à certains segments : tourisme balnéaire, touristes marocains résidant à l’étranger, etc. Cela peut limiter la stabilité et l’authenticité de l’offre écologique.
  • Informel et manque de structuration : de nombreux acteurs ne sont pas toujours formalisés ou réglementés dans l’offre touristique, ce qui complique la mise en place de normes durables.
  • Infrastructure / capacité : certains sites naturelles ne sont pas encore bien équipés pour recevoir un tourisme « vert » (accès, signalisation, encadrement, services écoresponsables).
  • Sensibilisation : tant du côté des visiteurs que des communautés locales, le niveau de sensibilisation aux pratiques durables peut être insuffisant.

Opportunités

  • Croissance du marché mondial pour le tourisme durable / éco-tourisme — les voyageurs cherchent de plus en plus des expériences authentiques, respectueuses de l’environnement.
  • Financements internationaux / coopération pour protéger les écosystèmes, améliorer les infrastructures de tourisme durable.
  • Promotion des zones moins connues : régions rurales ou montagneuses peuvent bénéficier si bien valorisées.
  • Développement de niche : circuits nature, randonnée, observation de la faune, tourisme communautaire, etc.
  • Intégration du développement durable dans les politiques publiques : cela ouvre la porte à des normes, labels, certifications, et à des partenariats privés-publics.

Menaces

  • Dégradation de la nature : sur-tourisme, pollution, mésusage des espaces naturels, perte de biodiversité.
  • Pression sur les ressources naturelles : eau, forêts, etc., surtout dans un contexte de changement climatique.
  • Concurrence internationale : d’autres pays méditerranéens ou africains investissent aussi dans le tourisme vert.
  • Changements dans les préférences / risques globaux : crise climatique, crises sanitaires, instabilité politique ou sécurité peuvent affecter la confiance des touristes.
  • Coûts de mise en conformité : normes écologiques, certifications, investissements infrastructurels, peuvent être coûteux pour les petits acteurs.

Indicateurs de référence / KPI possibles pour un benchmark

Voici quelques indicateurs qu’on pourrait suivre pour évaluer le tourisme vert au Maroc, et comparer avec d’autres pays ou meilleures pratiques :

IndicateurDescriptionObjectif / Benchmark
Nombre de sites certifiés écotouristiquesPar exemple, nombre de parcs, réserves, ou hébergements ayant des certifications durables (Green Key, etc.)Augmenter de X % / être parmi les leaders régionaux
Pourcentage des touristes recherchant des offres durables / natureEnquêtes clientsDéterminer la part du marché vert
Fréquentation des zones rurales / parcs naturelsNombre de visiteurs / nuitéesFavoriser la décentralisation et le tourisme hors littoral
Dépense moyenne par touriste dans les offres vertes vs classiquesChiffre d’affaires / nombre de visiteursS’assurer qu’il y a une valeur ajoutée suffisante pour les acteurs
Impact environnemental par visiteurconsommation d’eau, énergie, déchets, émissions de CO₂Minimiser l’impact / suivre la durabilité
Implication/retombées pour les communautés localesemplois créés, revenus directs, soutien des infrastructures localesRespecter la dimension sociale du tourisme vert
Politique publique & cadre réglementaireexistence de lois, subventions, incitations, certification, protection des espaces naturelsComparer aux normes internationales
Santé des écosystèmes naturelsindicateurs de biodiversité, état des forêts, eau, solsSuivi scientifique régulier

Comparaison avec d’autres pays / modèles inspirants

Quelques éléments / exemples auxquels le Maroc peut se comparer ou s’inspirer :

  • Espagne : leader méditerranéen, dispose d’un tourisme de masse mais aussi d’initiatives fortes de tourisme rural, de protection des espaces naturels.
  • Portugal : initiatives de tourisme durable / rural / littoral bien développées, avec labels, patrimoine naturel valorisé, circuits verts.
  • Costa Rica : souvent cité comme modèle d’écotourisme, bonnes pratiques de certification, implication des communautés locales.
  • Pays de l’Europe de l’Est ou des Balkans : certaines régions ont réussi à allier tourisme de nature, faible densité, coûts compétitifs, tourisme d’aventure.

Comparer avec ces modèles permettrait de fixer des cibles réalistes (ex : nombre de visiteurs verts, revenus, certifications, etc.).


Recommandations pour un benchmark au Maroc

Pour avancer, voici ce que je proposerais pour structurer un benchmark performant du tourisme vert au Maroc :

  1. Collecte de données
    • Enquêtes auprès des touristes pour mesurer leurs attentes / préférences vertes.
    • Données sur les nuitées, fréquentation spécifique des parcs / zones naturelles.
    • Inventaire des hébergements et infrastructures certifiés durables.
    • Données environnementales (eau, énergie, biodiversité) sur les zones touristiques.
  2. Comparaison régionale
    • Comparer avec autres pays de l’Afrique du Nord / Méditerranée qui ont des contextes proches.
    • Identifier les leaders en tourisme vert, tirer les leçons de leurs politiques.
  3. Définition d’objectifs clairs
    • Objectifs quantitatifs (nombre de touristes verts, revenus, nombre de sites labellisés, réduction d’impact environnemental, etc.).
    • Fixer des échéances (ex : 2028, 2030) cohérentes avec la stratégie nationale.
  4. Elaboration d’un cadre de normes / certification
    • Encourager ou imposer des labels pour les hébergements, activités, opérateurs avec respect de l’environnement.
    • Mettre en place des incitations fiscales et des subventions pour la transition verte.
  5. Accompagnement des acteurs locaux
    • Formations, financements, sensibilisation pour les PME rurales, les communautés locales.
    • Équipements / infrastructures respectueuses : gestion de déchets, énergie, eau, mobilité douce.
  6. Communication & Marketing
    • Mettre en valeur les atouts verts du Maroc à l’international.
    • Segmentation des marchés cibles qui privilégient le tourisme responsable.
  7. Suivi & évaluation
    • Mettre en place des indicateurs de performance, évaluations régulières.
    • Rapports transparents sur les impacts écologiques et sociaux.

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